Programmation 2022

Julia Scalbert du 25 février au 24 avril 2022

"Ce qui frappe immédiatement au contact des travaux de Julia Scalbert c'est la grande singularité de son iconographie et de sa palette, reconnaissable entre toutes. Cette œuvre, pourtant, ne cède rien à une essentielle simplicité. Elle est rythmée par l'alternance des temps de la peinture et de la céramique. De ces accords et de ces va-et-vient se dessine lentement son répertoire de formes et sa gamme chromatique. Cette double temporalité du travail constitue l'équilibre subtil du vocabulaire de l'artiste, situé dans l'entre deux de l'abstraction et de la figuration. Il est en effet très difficile de caractériser les motifs de Julia Scalbert. Tantôt marins, tantôt organiques, les formes toujours épurées passent dans leur légèreté, leur suspension, de l'animé à l'inanimé, du vivant au pétrifié. C'est à l'intérieur de cette instabilité qu'évoluent les silhouettes aux profils en perpétuelle mutation. Si céramiques et peintures sont indissociables dans l'œuvre c'est aussi parce qu'elles appartiennent toutes au monde du silence auquel Julia Scalbert souscrit résolument. Réduire mais ne pas taire ; une position de peintre, pas une posture. Chercher la tension élémentaire entre deux termes se fait chez l'artiste dans la résistance au mirage du compliqué. De l'évidence des formes vibrant en surface filtre une sensualité sans fard, une liberté arrogante qui contribue à revendiquer la peinture comme une pratique de la sédition. Car les roses et les bleus de Julia Scalbert s'opposent à l'autorité des couleurs signalétiques qui s'imposent aujourd'hui. S'ajoutent à cela des formes puissantes et fuyantes à la fois, qui ne s'arriment à rien de connu. Tout dans l'œuvre vise à être éprouvé. La rigueur des choix de la peintre produit alors auprès du regardeur une longueur rare et précieuse de la sensation."

                                                                                                                                                                                          Barbara Satre

 

 


Claude Viallat, hors les murs à la chapelle Ste Marie du 12 juillet au 19 août 2022

Claude Viallat, né en 1936 à Nîmes, figure parmi les quelques peintres français contemporains internationalement reconnus. Membre fondateur du Groupe Supports/Surfaces, la première grande rétrospective de son œuvre eut lieu en 1982 au Centre Pompidou à Paris. Il a également représenté la France à la Biennale de Venise en 1988. Il a délaissé très tôt le cadre et la toile tendue sur châssis pour peindre ses empreintes sur différents supports, stores, bâches, parasols, ou sur les vitraux de l’église Notre-Dame-des-Sablons à Aigues-Mortes. Sa peinture provocante et somptueuse, rigoureuse et ironique, montre la puissance décorative de la couleur et celle métaphorique de la répétition d’une forme simple. Le GAC est heureux de lui confier l’espace de la Chapelle Ste Marie à Annonay pendant un été au cours duquel il pourra y déployer, en résonance avec le lieu, des toiles récentes, déstructurées, qui répondent à l’architecture de la chapelle par l’audace de leur forme et la flamboyance de la couleur.

                                                                                                                                                                                                      Bernard Collet


 

 


Christine Laquet au GAC et à Varagnes du 9 septembre au 30 octobre 2022

   Christine Laquet développe un travail qui embrasse de nombreux médiums et dont l’œuvre prend forme à partir de récits, d’expériences sensorielles ou kinesthésiques. Ainsi, au travers d’installations, de productions picturales ou performatives, elle interroge notre regard et imagine d’autres façons d’être au monde, là où des présents et des futurs impliquent des relations plus équilibrées avec le non-humain. Sa recherche autour des dérèglements contemporains l’a porté à inventer des co-créations : des actions partagées avec le végétal, l’animal ou le minéral pour à la fois provoquer une co-présence et créer du lien. Ces dernières années, son attention se porte notamment sur des relations au sol, à l’eau ou à l’espace extra-terrestre, ce qui l’amène fréquemment à collaborer avec des différents scientifiques (astrophysiciens, naturalistes). De nouvelles dimensions qui ont ouvert les horizons de possibles et qui lui permettent de repenser le local et notre place sur terre. Ainsi, que ce soit à travers la figure du loup ou de la chute d’une météorite, Laquet amorce une recherche approfondie et tente au travers de sa production d’enrichir et d’élargir les relations que l’homme entretient avec son milieu.


Aurelie Menaldo "As The World Falls Down"  du 2 décembre 2022 à fin janvier 2023

Le travail  de Aurelie Menaldo interroge l’espace physique en ce qu’il contient d’artifice et de superficiel, jouant de l’environnement quotidien comme d’un décor, d’une scène et usant de différents médiums - dessin, photo, vidéo, installation dans l’espace public -. Ses interventions proposent une lecture dissonante du réel. Un infime décalage qui réoriente obstinément le regard et fait surgir de nouveaux paysages au potentiel fictionnel.

Par des interventions simples effectuées souvent in situ, la perception physique des espaces où s’infiltrent ses installations est souvent modifiée. Elle utilise et se réapproprie les matériaux offerts par le lieu pour se fondre dans celui-ci et le révéler d’une manière différente, déstabilisante, étrange, poétique.
Elle travaille aussi avec les objets triviaux du quotidien révélant leur propre imaginaire en fabriquant des espaces instables. Sculpture-mobilier, structure-décor, les références et les points d’accroche au réel s’entremêlent pour laisser comme un malaise. Pour s’en approcher et les saisir du regard, il faut accepter d’abandonner un peu de contrôle et d’aller au contact de forme, de «machin» qui s’adresse plus au monde de l’imaginaire qu’à celui de la compréhension.

Aurelie Menaldo cherche à créer une tension entre réalité et chimère, évoluant sur la frontière qui va du banal fabriqué au désenchantement masqué, proposant au regardeur un univers quasi-semblable mais à observer sous un angle décalé. Interrogeant notamment la notion de faux, de leurre qui visent à créer des impressions trompeuses, son travail souhaite ouvrir un espace de dialogue en constante évolution et en négociation permanente avec la nature passagère et vaine de la vie humaine.
©Nicolas Delaroche Studio