Epilogue, Préface,Tome 2
Le GAC, une Grande Aventure qui Continue
Depuis 47 ans, le GAC diffuse les formes les plus variées de l’art contemporain et organise des expositions, des rencontres, des conférences… auprès des publics les plus large.
En 2024, un nouveau local s’impose, c’est un changement d’enveloppe, une page se tourne, une nouvelle histoire est à écrire….
Quand Michel Foucault affirmait « le nouveau n’est pas dans ce qui est dit, mais dans l’événement de son retour », parler de nouveau par rapport à la notion de retour dans l’œuvre signifie parler de l’expérience des œuvres. Celle-ci est conditionné par l’imaginaire de ceux qui regardent et contribue ainsi à la création d’une nouvelle histoire, d’un nouveau récit de l’œuvre.
En septembre 2024, le GAC inaugure ses nouveaux locaux avec une exposition collective intitulée « Déplacement(s) : éclosion dans l’enclos ». À partir d’une sélection de projets issus d’un appel à projets, l’exposition invite à réfléchir sur la nature même de ce processus : de l’arrivée des œuvres dans leurs caisses de transport, à la temporalité de leur confrontation avec l’espace et les autres œuvres, jusqu’à leur retour dans les caisses, en attente de renaître ailleurs.
Parallèlement, le projet « sans titre » de Perrine Lacroix s’est généré progressivement et en interaction avec le public pendant l’année 2024. IL questionne le rapport des emprunteurs de l’artothèque avec l’œuvre emprunté… quelle histoire /relation/ retour se créer lorsqu’on vit dans une quotidien intime avec l’œuvre ?
L’idée du changement, de la métamorphose du récit est enclenchée…
Nouvelle année, nouvelle programmation, alors pourquoi ne pas se concentrer sur cette « interférence narrative » avec/de l’œuvre.
Les œuvres ont évidemment la faculté de monter leurs propres récit :
Mais qu’est-ce qui motive le récit, qu’est ce qui donne envie de narrer ?
Peut-être simplement l’exception de ce qui s’est éloigné et qu’on ne voit plus en entier ; cette chose qui ne doit pas être perdu, il faut la témoigner, la documenter, prouver son existence
La pratique artistique protéiforme de Romain Le Bazedet, comporte déjà le récit en elle-même: « le nomadisme apparaît dans son travail au prisme des récits familiaux (…) Ce matériau personnel, immédiatement disponible, est le point de départ d’une recherche sur l’itinérance. » . L’image de l’artiste voyageur, le saltimbanque fût historiquement déjà soulevé par Baudelaire, suivie par tout une période de Picasso : ce mode de vie marginal devint l’imaginaire collectif rattaché aux artistes de l’époque. Questionnant le statut de l’artiste contemporain, Romain Le Badezet revisite à travers de ses œuvres, avec humour et poésie ces multiples traditions : celle de ses aïeux forains en les confrontant à celle de l’art contemporain.
Mais si le récit peut exister dans l’œuvre même, il se joue aussi dans la scénographie autour de la pratique de l’artiste et sa monstration. Quel nouveau récit cela implique et donne à voir aux publics ?
En 2025, l'exposition estivale se tiendra dans les locaux du GAC avec une exposition monographique d’Emmanuelle Rosso.
Pour l’artiste, dont la peinture occupe une place centrale, chaque exposition est pensée comme un bivouac, un regroupement d’œuvres formant une constellation précise. Son travail, à la fois intuitif et minutieux, reflète souvent le processus créatif lui-même. Elle explore les liens entre mémoire, émotion et espace, invitant le public à une expérience immersive, où chaque détail est soigneusement orchestré. Ses œuvres deviennent ainsi des invitations à suivre les fils invisibles de la mémoire, à retrouver gestes, énergies et intuitions qui résonnent en nous.
Quelle narration se créer dans la rencontre ? dans la confrontation ? dans l’échange ?
Thierry Raspail, soulignait dans l’édition de la Biennale de Lyon 2013, consacrée aux nouvelles formes narrative, l’importance du « curatorial turn car il invente l’exposition discursive, fait de l’espace un texte et du commissaire quelque chose comme un conteur, un bateleur ou un magicien »
L’exposition collective devient une page blanche que les curateurs proposent et les artiste saississent pour déployer une « nouvelle narration d’ensemble »
Virginia Woolf écrivait en 1931 : «Tout effort vers la connaissance est vain. Tout n’est qu’expérience et qu’aventure. Sans cesse, nous formons de nouveaux mélanges avec des
éléments inconnus.»
Nous proposons à Sandra Lecoq et Tatiana Wolska, une exploration du « je » vers un « nous » sur un nouveau terrain espace-temps où peuvent germer la gémellité, l’opposition, la rencontre , la transition, la confrontation, le dialogue…
Pour clore l'année 2025, nous invitons la curatrice Berlinoise Connie Becker à concevoir un nouveau récit autour du « sublime » : ce qu’il y a de plus élevé dans les domaines moral et esthétique, ce qui dépasse la simple description ou le récit. Goethe, artiste complet – biologiste, botaniste, dramaturge, écrivain, poète, romancier, scientifique – en parlait ainsi : « Aussi souvent que nous le lisons, au départ et à chaque fois, il nous repousse. Mais soudain, il séduit, étonne, et finit par imposer notre respect. Son style, en accord avec son contenu et son objectif, est sévère, grandiose, terrible, et demeure à jamais sublime. Ainsi continuera-t-il d’exercer une forte influence sur les temps à venir. »
Et si cette programmation cherchait à composer un récit qui ne se déploierait que dans ce nouvel espace-temps ?
helena de jong, octobre 2024
« Déplacement(s) »
« La ruse fut de faire entrer une roue de bicyclette dans le musée, la raison est aujourd’hui de monter sur le vélo pour sortir de la galerie, vers la vie, dans l’avenir » précise le critique d’art Bernard Lamarche-Vadel
L’année 2024 va être marquante pour le GAC : au bout de plus de trente ans dans ses locaux actuels, le projet de déménagement évoqué depuis maintenant deux ans prend forme : c’est le moment de se déplacer !
Cette notion de « déplacement (s)» n’est-elle pas aussi au cœur de l’origine de la création du GAC ? Quand dans les années 1970, l’enjeu de démocratisation de l’art a fait naître des petits lieux dans des petite villes en milieu rural . Ne s’agissait-il pas alors d’excentrer la culture et de faire venir l’art vers les publics potentiels ?
C’est également dans cette volonté de démocratisation de l’art contemporain, que nous avons mis en place le projet de l’Artothèque en 2012. Au bout de dix ans, un fonds de plus de 850 estampes se déplace sur le territoire de l’Ardèche et des départements limitrophes, allant des écoles, aux collectivités, aux entreprises en passant par les demeures des particuliers ; les estampes voyagent : un outil d’itinérance est né.
C’est également grâce à l’Artothèque, son itinérance que lorsque la crise sanitaire fermait tout accès à la culture, le GAC est resté en mouvement et que les œuvres ont continué à se déplacer.
Une programmation découle toujours de la précédente.
Dans la programmation du GAC 2023 sous la notion « Intérieur/extérieur », le déplacement est déjà présent. Entre plusieurs projets « hors les murs », les pratiques des artistes sélectionnés, amenant la nature, le paysage dans l’atelier (puis) dans l’espace d’exposition. Cette programmation se clôt actuellement par le choix d’un artiste performeur nomade, Rémi Voche, travaillant en continuité où bon lui semble avec son propre corps comme médium : avec cet élargissement de l’art à la totalité de la vie ne peut-on pas la définir comme une itinérance en tant que pratique artistique ?
Pourquoi ce projet de programmation « Dépacement(s) » ?
Cette notion de « déplacement (s) » qui revient sans cesse nous amène vers des textes issus du livre « Itinérances : art en déplacement » de Laurent Buffet. Nous avons voulu lire ce livre dans son intégralité. Il fut impossible à notre libraire de le commander. Plus de stock nulle part sur le net. Nous écrivons directement à l’éditeur… rien. Lors de nos recherches, nous tombons sur la biographie de l’auteur… professeur aux Beaux -Arts de Caen… Nous parvenons à obtenir son adresse courriel, nous lui écrivons et … incroyable ! il nous répond tout de suite… mais… même à lui, il ne reste plus d’exemplaires. Il nous oriente vers les bibliothèques d’Ecoles d’Art… nous écrivons à tous nos contacts … on nous envoie vers la directrice de la médiathèque de la Loire et là…bingo… ils l’ont. Prise de contact téléphonique, dérogations pour avoir une carte, et … nous pouvons enfin le lire. Entre temps, l’auteur nous envoie articles et d’autres extraits…
Pourquoi relater cette anecdote ? N’est-ce pas justement une de ces itinérances qui marquent notre époque ? Aller sur les traces de … ? Pour aller d’un point A à un point B, notre société actuelle ne nous amène-t-elle par multiples périples et détours ? Notre quotidien n’est-il pas aussi un enchaînement de déplacement (s) successifs ?
(…)
Les « déplacement (s) » : c’est aussi cela qui amène le public à franchir la porte des expositions et tout autant c’est la déambulation, la promenade de chacun(e) à l’intérieur des expositions.
Un déplacement qui doit être sans cesse entretenu, par la richesse des propositions artistiques, la médiation et les actions de communication qui les accompagnent.
Comment continuer à susciter l’envie des visiteurs, des emprunteurs de venir découvrir l’art sous toutes ses formes dans un espace dédié ? Et ne pas avoir la crainte du numérique et des visites virtuelles depuis la demeure de chacun (e) ?
En 2024, un des enjeux de notre déménagement sera aussi d’arriver à faire venir un public diversifié vers un nouveau lieu.
Si le déménagement du GAC risque d’être chronophage, cela ne signifie pas qu’il faut arrêter l’activité de diffusion, ce qui risquerait justement de faire perdre en chemin une partie de notre public.
C’est pourquoi nous avons décidé que la première partie de notre programmation sera dédié à la réalisation d’ œuvres in situ amenant vers le nouveau lieu. Cette installation permettra d’une part de faire une proposition artistique hors les murs, mais également de marquer le nouveau lieu d’un devenir.
Nous avons fait appel à l’artiste plasticienne Perrine Lacroix ayant préalablement travaillé sur les lieux en devenir, les collections, pour imaginer une œuvre qui occupera la surface extérieure d’une vingtaine de m2 de la vitrine. Ce projet aura un caractère évolutif pendant la période des travaux et donnera suite à un projet intérieur lors d’une programmation à venir en 2025.
Comme chaque année, le GAC se déplacera pendant l’été 2024 à la Chapelle Sainte-Marie pour une proposition in situ en confrontation avec ce lieu cultuel. Effectivement, contre le pouvoir de captation exercé par le white cube - cet espace neutre, conçu pour isoler les œuvres de l’influence des réalités autres que celles relevant de la seule esthétique de l’art ( …) Nous aimons mettre en avant tous les étés, les nombreux artistes qui développent un art qui prend non seulement en considération les problèmes du monde, mais qui s’élabore surtout au contact d’un espace réel, ici cultuel. Pour l’été 2024, nous proposons l’espace de la Chapelle à l’artiste Maxime Lamarche qui explore constamment la confrontation entre un objet en mouvement , comme les voitures, bateaux ou motos et un paysage, un espace immuables.
Ces deux projets artistiques, ainsi que les divers petits événements prévus sur la première partie de l’année 2024 laisseront le temps à la Mairie de réaliser les travaux et au GAC de prendre ses repères dans le nouveau lieu et projeter une inauguration au début de l’automne 2024.
Organiser une exposition monographique pour l’inauguration d’un nouveau lieu, d’une structure ayant travaillé avec plus de 300 artistes en quasi 50 ans nous semble un peu dérisoire. Une collective prend déjà plus de sens… mais quel lien mettre en avant par rapport avec notre itinérance actuelle ?
L’envie de se pencher sur les « déplacement(s) » des œuvres, sur leur itinérance a donné naissance à l’idée d’un appel à projet proposant à un nombre d’artistes de réaliser des œuvres avec une caisse de transport (laquelle soit partie intégrante de l’œuvre). Réceptacle, socle, espace de monstration… nous proposons divers formats de caisses de transport type pour la réalisation d’une œuvre où tout médium puisse s’adapter pour ensuite se déployer dans le nouvel espace d’exposition.
helena de jong, octobre 2023
Involution des Lichen /Emilien ADAGE
hors les murs à ANGLE Art Contemporain
du 11 mars au 20 mai
Travelling Calaceite-Vézelay /Christian SORG
du 8 avril au 4 juin 2023
SUR-EX
Wandrille Duruflé
du 14 juillet au 19 août 2023
DI PRIMA SCARZATURE
Remi VOCHE
du 30 sept au 26 nov 2023
AURELIE MENALDO
du 2 décembre 2022 au 3 février 2023
CHRISTINE LAQUET
du 9 sept. au 30 oct. 2022
CLAUDE VIALLAT
hors les murs : chapelle Ste Marie
du 12 juillet au 19 août 2022
GRANJABIEL
hors les murs/mur du fond
du 3 au 26 juin 2022
JULIA SCALBERT
du 25 février au 24 avril 2022
"de l'autre côté du rideau"
du 18 novembre 2021 au 30 janvier 2023
FRANCOIS DEHOUX
du 4 au 26 octobre 2021
ELLA & PITR
du 4 juin au 1er Août et
du 1er Septembre au 16 octobre 2021
